23.11.2009

Même pas peur…

 

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Elle est là, elle nous guette, nous terrorise. Tout doucement, inéluctablement, sans que nous puissions savoir quels seront ses effets demain ou dans un mois, elle nous affaiblit graduellement, perverse.

On commence par s’y habituer en observant ses ravages sur les autres avant même de comprendre qu’elle nous ronge déjà de l’intérieur, qu’elle nous imprègne, qu’elle gagne du terrain pour arriver, demain peut-être, au point de non retour. On se réjouit presque d’être affaibli puisque encore vivant.


Elle est coupable de tous nos maux. On nous le dit assez à la télé, à la radio, dans les journaux, sur la toile. Elle est la réponse. Elle est l’excuse. Elle est l’argument que l’on brandit pour justifier l’injustifiable.


Parfois, dans un sursaut, on lutte. On pousse à droite, on pousse à gauche, on se révolte, on plonge dans la résistance. On s'affaire de toute part, on théorise, on explique. On veut se persuader que l’on peut changer les choses parce qu’on ne veut pas croire qu’elle prendra tout, de toute façon. Et on se bat, on prend les armes, on adhère ou on milite, ici pour se protéger, ou là pour mieux combattre. On s’accroche à n’importe quoi pourvu que ce n’importe quoi brandisse la promesse de nous rendre le paradis sur terre … On fait ce qu’on peut face à la crise financière…


 

Et l’on a tellement peur de cette crise qu’elle paralyse, qu’elle obsède au point que l’on n’a plus la faculté de saisir qu’elle n’est que la partie apparente de l’iceberg, qu’une facette parmi tant d’autres du grand chamboulement qui gronde déjà au cœur de notre civilisation.


 

Nous sommes juste au passage, entre la fin d’une ère et le début de l’autre. La crise n’est pas responsable, non… Au contraire, elle en est le signe annonciateur. Elle nous place simplement face à notre réalité.


 

Ce bouleversement est naturel, irréversible, il est la conséquence du génie de l’Homme, celui qui lui permet de ruiner la civilisation toute entière pour peu qu’il en tire lui même du profit. Celui qui l’a fait, jusqu’ici, s’autoriser à mépriser tout ce qui lui était inutile, étranger, gênant, sans concevoir un instant qu’il mettait là, en place, siècle après siècle, le dispositif le plus parfait, le plus puissant, programmé pour le perdre. La mécanique de l’asservissement.


 

Des interrogations s’imposent alors à l’esprit, quand la splendeur d’un paysage, le rayonnement d’un être lumineux, ou l’optimisme d’une fraîche pensée, lui font toucher du doigt la perfection, et le libèrent un temps des préoccupations qui le squattent habituellement au prétexte de la crise.

 

«Je ne suis pas né pour ça… Mais qu’est-ce que j’ai fait pour me retrouver au cœur de la tourmente, seul, nu, désorienté ? A quoi puis-je aspirer dans ce monde en dérive ? Est-ce que je suis à ma place ? Qu’est-ce que je pourrais bien faire ? Est-ce que je sais au moins le sens que je veux donner à ma vie ? Je suis bien là, vivant, mais au fond… Qui suis-je ? »

 

On se donne les réponses que l’on peut en fonction de ses propres croyances forgées sur ses expériences, son environnement, son éducation, ses propres peurs et ses défenses. On sait à cet instant, confusément mais sûrement, que son salut en dépend.


 

Si l’on admet généralement que l’on est un humain parmi les humains avec tout ce qui les définit, on se reconnaît souvent plus particulièrement dans une communauté regroupant des caractères spécifiques. Alors on s’identifie à cette famille au sein de laquelle on se gomme pour ne plus adopter que l’identité d’un stéréotype, au détriment de la conscience de la sienne propre. Dans ce cas, on finit par ne plus percevoir la société que sous l’influence de cette micro culture, on s’approprie le sens qu’elle donne à son destin au point de nier le bien fondé de celui que se donnent les autres groupes d’humains. On choisit sa mission, bien cloisonnée, pour se différencier d’eux, pour qu’il n’y ait pas confusion des genres,. Cette mission qui permet de donner réalité au monde tel qu’on le conçoit, le même pour tous les individus qui composent son groupe d’appartenance, rejette par là même le possible d’un monde plus accueillant pour tous.

 

 

 

 

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Et puis, ici ou là, il arrive que l’on perçoive un jour, dans tout son être, sa propre identité . Cette révélation est éblouissante. Soudain, on découvre que l’on n’est pas juste le nom auquel on répond quand les autres le prononcent. On est bien plus que ça, on le ressent dans sa chair, et la perception de l’environnement est alors toute autre. On prend soudain conscience de son unicité, de la spécificité de sa conception de l’existence et par conséquence de la diversité de celles des individus qui vivent sur la planète.

 

Cette perception de soi, de l’environnement, permet d’exercer sa faculté de raisonnement et d’en tirer des conséquences, les croyances. Elles sont nombreuses et, une fois organisées, elles forment le modèle du monde. Elles motivent, elles déterminent les choix, les attitudes et les comportements.

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Cette appréciation entraîne la prise de conscience des limites du cadre dans lequel on évolue ainsi que de la mécanique d’asservissement qu’il met lui-même en place. C’est l’autonomie, la liberté de pensée qui permet de considérer la normalité à laquelle soumet toute communauté, la première étant sa propre famille. On comprend alors que chaque groupe, chaque organisation qui se crée et promet d’affranchir l’humanité du joug : du capitalisme, des médias, d’autres humains, de la terreur, de la consommation, de la production, des fluctuation du marché boursier, des lobbies, de la mafia … Ne fait que reproduire et encourager ce mécanisme d’asservissement en n’attendant des individus qui le composent qu’obéissance aux règles instaurées.

 

Il découle donc de ces considérations qu’il est aussi dangereux de se méfier de ces pseudo pédagogues qui instrumentalisent la lutte contre la répression pour mieux aveugler et soumettre au totalitarisme pour le compte de leurs seules ambitions. Il suffit pour s’en convaincre, d’observer les actions inacceptables perpétrées dans les partis politiques qu’un membre finit par trouver acceptables au risque de remettre en question le bien fondé de sa dépendance à celui qu’il soutient dans une complète addiction. Ce serait renoncer à son identité… Par procuration.

 

Ce sont sans doute les jeunes qui donneront le ton. Troublés, aujourd’hui, face à un non avenir des plus certains programmé par leurs ainés et puisqu’ils n’ont rien à perdre, ils s’engageront dans des actions des protestation, dans des débats d’où naîtra de leur imagination la croyance qu’un autre monde est possible.

 

Parce que, finalement, la première démarche que l’humain doit accomplir, c’est celle de s’affranchir de cette croyance bien ancrée dans son esprit, la plus grande tromperie que l’Homme a inventée pour justifier la mécanique à asservir, celle qui est la base de tout endoctrinement, le postulat qui tue :

 

« La réalité actuelle est la seule possible, et même, elle est justifiée par le fait qu’il n’en existe pas d’autre. »

On s’en imprègne c’est même l’argument que l’on reçoit en retour d’une invitation à travailler à une autre réalité.

 

« C’est bien gentil, il faut toujours tendre vers un idéal… Mais la réalité est bien là avec la crise, le réchauffement de la planète, il faut faire avec, le reste n’est qu’utopie et l’on n’a pas de temps à perdre, on veut du concret ! »

 

Et si l’utopie était justement de croire qu’il n’y a pas d’autre réalité possible ?

 

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En suivant le lien du tract, vous prendrez connaissance d’autres points de vue qui rejoignent mon raisonnement d’une certaine manière. Je trouve cette initiative intéressante et c'est pourquoi j'en fais écho...

20.11.2009

Carla Bruni drague Carl

Le couple présidentiel n'a pas la côte aux Etats Unis. Après la décôte du p'tit lot de Nicolas, il faut se rendre à l'évidence que ces deux là ont du travail à faire pour améliorer leur image, beaucoup de travail....

Voici un épisode des Simpson qui ne risque pas de passer sur TF1, ni sur France 2

Épisode "The Devil Wears Nada" (saison 21, épisode 5). Homer et Carl sont à Paris
Première séquence : Carla Bruni drague Carl
Deuxième séquence : Homer menace Carl de tout révéler à Nicolas Sarkozy

 

 



Observez le camembert sur la table de Sarkozy... C'est toute la France !


Puisque la censure est passée par là, luttons !




 

 

Na !

19.11.2009

Celle que je ne suis plus pour être qui je suis

 

Me voici taguée par ThierryP. Lui qui fait si bien tout ce qu'il fait n'a aucune idée de la difficulté que j'ai eue pour situer, parmi tous mes souvenirs, ceux de l'année de mes 23 ans. Et puis finalement je m'en souviens.

En ce temps là, je découvrais la liberté et je sentais que tout était possible. J’avais une croyance que je formulais dans ma tête à chaque fois que je me trouvais à un croisement de chemin et que je m’engageais vers l’inconnu :

« Je m’en sortirai toujours. »

Parfois, elle variait suivant les évènements et devenait :

« Tu n’as pas le choix. En attendant, enfonce la tête entre les épaules et avance »

Je souris aujourd’hui lorsque je lis ce petit mot de ma mère qui, à lui seul, m’a ramenée presque trente ans en arrière :

« (…) Je vais mettre dans une valise tout ce qui t’appartient, du moins une partie, car tu n’es pas riche mon petit cœur mais ce que tu possèdes remplit plus d’une valise (…) »

A cette époque, il fallait construire ma vie, affronter tout ce qui m’épouvantait après avoir franchi le pas, je venais de divorcer. Jusque là, je m’étais efforcée de me soumettre à une morale puritaine, à des règles que je m’étais imposées je ne sais trop pourquoi et qui m’obligeaient à me refuser tout ce que je désirais.

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Quand, au volant de ma « Rallye II » j’ai jeté un dernier regard sur l’immeuble avignonnais qui avait abrité ces quelques années de mariage si ternes et si débilitantes, je me souviens d’avoir prononcé ces trois mots avec force :

« Plus jamais ça!»


Un petit tour à Bordeaux pour déposer mes bagages, une visite aux copines de lycée…

... Et une nuit de larmes parce qu’en les retrouvant, j’ai pris conscience que j’étais vieille. La seule fois de toute ma vie où j’ai pleuré sur ma jeunesse perdue…


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Un petit passage à l’ANPE et me voici fonctionnaire pour 15 jours à l’URSSAF Bordeaux Lac. Puis 3 mois, puis 6 mois… Fuite vers Avignon avant de recevoir la lettre qui m’invitait à travailler comme titulaire dans cette administration…Il faut être dingue pour refuser ça… Et j’ai vite trouvé un emploi dans la vente de salles de bains pour échapper à l’ennui des commérages féminins dans les bureaux de la fonction publique.


J’aimais Avignon, j’étais libre, autonome. Une petite 2cv avait remplacé la Rallye 2, j’avais un joli petit appartement meublé surtout de caisses, un flirt artiste… Et puis je me suis frottée à un monde qui m’était étranger, un monde où l’on réfléchit autrement, où l’on s’intéresse aux autres et à ce qu’ils font, où l’on partage ses idées en s’écoutant vraiment, où l’on travaille à se parfaire avec beaucoup d’humilité et de simplicité, un monde préservé habituellement du bavardage d’une petite vendeuse de salles de bains et qui l’accueillait pourtant en toute spontanéité. J’ai donc assisté à de nombreuses discutions de haut niveau, des débats, des repas qui m’enchantaient et durant lesquels je restais silencieuse la majorité du temps… Ainsi, j’ai évolué grâce à ces personnes en quelques mois comme jamais auparavant. C’est cette expérience qui m’a permis de repartir seule dans la vie avec la furieuse envie de vivre, d’apprendre, d’œuvrer pour autre chose que mon petit confort.


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J’ai adoré la période qui a suivi où je courrais 3 km tous les matins et cumulais deux emplois : La vente de salles de bains la semaine et des chaussures  le week end. Je sévissais deux nuits par semaine comme bénévole à SOS amitié. Un soir était consacré à des cours d’art dramatique tandis que les autres alternaient entre répétitions d’une pièce pour la troupe de théâtre que j’avais intégrée et les soirées" radio amateur" où je prêtais ma voix pour lire des recettes de cuisine, le courrier du cœur et quelques pubs.




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Il y avait aussi ce passage bi-hebdomadaire chez mon ami Georges, sa femme et ses enfants qui furent ma famille d’adoption. Leur benjamine m’a dit plus tard que les soirs où Georges savait que je passerais après mes répétitions, il retardait l’heure du repas jusqu’à mon passage puis m’obligeait à prendre place à leur table en me disant:

« Pose ton cul et ne discute pas »

Georges est l’homme le plus brillant, le plus cultivé, le plus généreux, et aussi le plus grossier qu’il m’a été donné de rencontrer dans ma vie. Par fierté, j’ai évité de m’arrêter quelques fois pour ne pas m’inviter ainsi… jusqu’à ce que sa fille m’appelle pour me dire :

« Viens, passe, on s’ennuie quand tu n’es pas là »

Et c'est vrai qu'à l'époque les repas étaient animés et je me trouvais souvent seule à faire front à la famille entière avec mes points de vue déjà très originaux en toute chose.


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Je préférais ne pas trop faire mes comptes tant la vie était dure malgré mon cumul de jobs (Je servais aussi de temps en temps dans un restaurant) et je me rappelle avoir calculé mon budget un jour. Rien à faire, lorsque je retirais mon loyer, mes charges, les impôts, le crédit de ma 2cv, il ne me restait pas assez pour acheter la demi baguette de pain qui était mon régime quotidien. Et si d’aventure je l’améliorais avec quelques légumes ou un steak ou s’il m’arrivait de craquer et de suivre mes amis au restaurant au prétexte « qu’il faut bien vivre »  et puisque je ne savais me passer de parfum, je creusais mon découvert à la banque pour le plus grand plaisir de mon banquier qui n’attendait que cette occasion pour m’offrir son aide… Mais ça, c’est l’histoire de mes 24 ans, et ce n’est pas le sujet…



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Qu'est-ce que je me suis amusée à cette époque !